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Témoignage d'Isabelle, survivante et heureuse

TRAUMAVERTISSEMENT : Certains éléments de ce témoignage peuvent être difficile à lire.


J'avais 13 ans… Survivre. Guérir. Avancer. Temps. Résilience. Tant de mots que l’on entend et qui ne signifient rien quand on souffre. Les mots qui m’habitaient étaient souffrance, honte, culpabilité, colère, peine et silence. Longtemps, trop longtemps j’ai traîné ces mots qui nuisaient à ma vie. Ils étaient lourds. Lourds à porter… lourds de sens.


Aujourd’hui, j’avance ma vie avec légèreté. Les mots qui m’accompagnent sont guérison et résilience. Si parler c’est guérir, j’ai fini de me taire. Le chemin aura été long pour en arriver à survivre à mon abus sexuel qui porte le nom d’inceste. Hé oui, celui qui devait me protéger des méchants loups en était un. Une année à subir ses assauts, à voler mon enfance et mon innocence. Une année à écraser mon âme au fond de moi-même. Une année à me taire pour avoir un toit sur la tête…


Si aujourd’hui, je peux affirmer être heureuse, c’est que je me suis permis de me réapproprier ma vie, mon corps et mon âme. Non, je ne voulais pas que cette épreuve me définisse négativement. Si elle devait laisser des traces, je voulais une cicatrice. Belle et bien guérie. Il en aura fallu du temps, des thérapies, des pleurs et des mouchoirs pour exorciser ce mal qui me rongeait.


Merci à ma thérapeute d’avoir écouté mes silences et d’avoir respecté mon rythme de guérison. À 13 ans, on n’assimile pas les choses comme à l’âge adulte, même si les expériences nous font grandir trop vite. Elle a su m’accompagner dans chacun de mes pas. Cette thérapie qui aura duré quelques années, aura été ma planche de salut. Elle m’aura aidé et guidé dans tous mes choix de vie.


J’ai eu la chance de rencontrer un homme merveilleux avec qui je suis depuis bientôt 34 ans. Quel homme d’avoir appris à aimer une femme comme moi. Parfois, je crois même qu’il nous a aimé pour deux pendant ma reconstruction. À 13 ans, je voulais arrêter de souffrir et j’ai pensé au suicide. Mais mon envie de vivre était trop forte, alors je suis allée chercher toute l’aide dont je pouvais pour me sentir mieux et me débarrasser de ce manteau de victime. J’ai été victime, je ne le suis plus. J’ai droit à ma vie. J’ai droit d’être heureuse. J’ai le droit d’aimer faire l’amour. J’ai le droit de rire ou de pleurer. J’ai le droit d’être qui je suis, malgré cette cicatrice.


Si une chose positive peut ressortir de mon histoire, c'est que oui on peut en guérir. Non sans efforts, car il faut faire le ménage des ruines laissée par l'épreuve. La thérapie aide à trouver les outils nécessaires pour se faire. Et le temps. Ce fameux temps qui doit faire son œuvre pour arriver à avancer notre vie sereine et heureuse. Enfin! Merci d'avoir lu.



(L'image provient d'internet)

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